Il est grand temps de moderniser la Loi sur les chimistes professionnels

Publié le 11 Avril 2022

 

Aux chefs et porte-parole des cinq partis représentés à l’Assemblée nationale,

Si nous écrivons ces lignes aujourd’hui, c’est que les événements des deux dernières années rappellent l’importance du rôle des chimistes et biochimistes auprès de la population québécoise.

Au quotidien, notre expertise sert la protection du public. Lorsqu’il est question de bonnes pratiques relatives à la santé publique en temps de pandémie, de l’analyse et du traitement des contaminants environnementaux pouvant être nocifs pour l’humain ou encore de la manipulation et de l’entreposage des matières dangereuses, inflammables ou explosives, les chimistes et biochimistes répondent présents. Or, lorsque vient le temps de collaborer avec eux pour moderniser leur loi professionnelle largement désuète, on ne peut malheureusement pas en dire autant des législateurs.

Leur expertise est essentielle

En effet, durant les deux dernières années, les chimistes et biochimistes se sont grandement adaptés et ont mis l’épaule à la roue à toutes les étapes de la lutte contre la pandémie de COVID-19. Des analyses de tests de dépistage en laboratoire, à l’analyse et à l’interprétation de données liées à la qualité de l’air, à la lutte active contre la désinformation qui a pullulé en contexte pandémique, en passant par la détection du virus de la COVID-19 dans les eaux usées pour prédire l’arrivée de nouvelles vagues de propagation, les chimistes et biochimistes se sont réellement imposés comme référence incontournable à tous les niveaux de la prévention. La cerise sur le gâteau : ceux-ci peuvent même vacciner ! Les chimistes et biochimistes sont des experts qualifiés pour superviser la mise en place des mesures de prévention efficaces contre la COVID-19.

À l’inverse, c’est quand ils ne sont pas consultés dans l’application pratique des recommandations scientifiques que des fautes se produisent. Mentionnons le fiasco des solutions hydroalcooliques inefficaces acquises par le gouvernement en début de pandémie, alors que l’approvisionnement en équipement de protection tels les masques et les gants faisait toujours défaut. Résultat des courses : des milliers de Québécois se sont « lavé » les mains avec des solutions désinfectantes inopérantes, créant chez eux un faux sentiment de sécurité au moment où le bilan pandémique était plus qu’inquiétant.

Absurdité

Évoquons aussi l’absurdité des consignes émises par le ministère de l’Éducation entourant les capteurs de CO2 comme uniques appareils de mesure de la qualité de l’air, qui a obligé l’ouverture des fenêtres en plein hiver, au détriment des enfants et des enseignants, alors qu’absolument rien ne garantissait une installation et une lecture fiable, qu’aurait pu fournir un chimiste. Lorsqu’il est question d’analyse de la qualité de l’air, de système de filtration et plus généralement de l’analyse chimique, des gaz et nous en passons, il est nécessaire de reconnaître l’autorité des experts en la matière: les chimistes et biochimistes!

Ainsi, mesdames et messieurs les chefs et porte-parole des partis représentés à l’Assemblée nationale, il est grand temps de s’asseoir avec les représentants de l’Ordre des chimistes du Québec afin de mettre à jour la Loi sur les chimistes professionnels, qui date de 1964. La pratique de la chimie a exponentiellement évolué dans les 50 dernières années, et la loi qui l’encadre le devrait également. C’est une question non partisane de protection du public, dans un contexte de risque inutile et évitable pour la santé de tous les Québécois.

Lorsque le gouvernement collabore avec les scientifiques qualifiés dans sa prise de décisions, les mesures de succès rencontrent la plupart du temps un seuil acceptable. Par exemple, à la suite de plusieurs sorties médiatiques de l’Ordre des chimistes, très critique par rapport à la situation des gels hydroalcooliques inefficaces décrite plus haut, le gouvernement a reconnu l’urgence d’agir et a rectifié le tir. Conséquemment, le ministère de la Santé et des Services sociaux recommande désormais que les appels d’offres gouvernementaux, en lien avec l’approvisionnement en solutions hydroalcooliques, exigent que le fournisseur soit un chimiste, ait un chimiste à son emploi ou démontre qu’un chimiste supervise ou encadre les activités de l’entreprise, et ce, dans l’intérêt supérieur de la protection du public.

Maintenant donc, permettez-nous de vous adresser la question suivante : est-il possible de travailler en amont avec les chimistes et biochimistes pour protéger le public ?

Michel Alsayegh, chimiste
Président de l’Ordre


Couverture médiatique

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