Mot du président – Printemps 2022

Publié le 24 Mars 2022

 

 

Chers membres,

Alors que la période du renouvellement annuel d’inscription au Tableau de l’Ordre se termine d’ici quelques jours, les membres qui n’ont pas encore complété leur inscription sont invités à le faire diligemment avant la date limite du 31 mars 2022.

Depuis bientôt trois (3) ans, l’Ordre a pris un virage résolument moderne en adoptant des pratiques dynamiques, agiles et proactives. Il est certain que la volonté d’innovation d’un ordre professionnel se heurte rapidement aux balises rigides du système professionnel, notamment à l’égard de ce qui est permis par la loi. Toutefois, l’Ordre s’efforce, au meilleur de ses capacités, d’être en adéquation avec la réalité professionnelle de ses membres et l’exercice contemporain de la profession.

Les chimistes et biochimistes sont des professionnels dévoués qui jouent un rôle primordial dans notre économie et pour le bien-être de notre société. Alimentation, environnement, santé, énergie, matériaux, transport, sécurité, ressources naturelles, électroniques, biotechnologies, instrumentation, recherche, enseignement, judiciaire, réglementation et biens manufacturés sont autant de secteurs où les membres de l’Ordre agissent comme une source intarissable de progrès scientifique et s’imposent comme des professionnels de l’innovation au service de la protection du public.

La planification stratégique 2022-2025 de l’Ordre qui sera publiée d’ici quelques semaines s’inscrit directement dans une volonté de faire connaître et reconnaître le rôle des chimistes et biochimistes en tant qu’experts incontestables des éléments constitutifs de la matière et de leurs divers effets et applications. L’ensemble de la population québécoise, incluant tous les professionnels du Québec, gagnerait à mieux connaitre l’expertise qui est propre aux membres de l’Ordre dans toutes les branches de la chimie. Cette expertise est unique et essentielle au bon déroulement d’une multitude d’activités hautement préjudiciables pour le public si elles sont accomplies par des personnes ne possédant pas la formation et les qualifications requises.

À cet égard, l’Ordre persiste et signe, en poursuivant sans interruption son travail en regard des deux volets fondamentaux qui animent ses actions; soit la protection du public et la mise à jour de la Loi sur les chimistes professionnels (Loi). Derechef, au cours du dernier trimestre, l’Ordre eu l’occasion d’être au cœur de différents enjeux qui ont permis de mettre en lumière et de réaffirmer encore davantage le rôle capital des chimistes et des biochimistes.

Dans l’exercice de son mandat visant à protéger le public québécois en matière de chimie, l’Ordre a été interpellé directement par le projet de règlement modifiant le Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère. En effet, ce projet de règlement du ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. Benoit Charrette, propose d’augmenter la limite de nickel dans l’air afin de réduire les incertitudes économiques associées à l’application de la norme actuelle. Bien que les enjeux économiques à l’origine de cet exercice semblent légitimes, la santé et l’environnement doivent avoir préséance sur de telles considérations. Il était donc de mise pour l’Ordre interpeller le gouvernement afin de l’inviter à agir avec prudence, circonspection et prévoyance, et à considérer la santé des citoyens et de l’environnement dans ses décisions avant toute autre considération.

Dans cette perspective, nous avons eu le privilège de participer aux consultations publiques dans le cadre d’un comité plénier de la Ville de Québec et d’apporter notre contribution scientifique à ce débat très émotif. Nous avons par ailleurs eu l’occasion de déposer officiellement un mémoire à cet égard. Pour l’occasion, nous étions accompagnés de M. Jacques Lesage, chimiste, professeur associé au département de chimie de l’Université du Québec à Montréal et conseiller scientifique.

Plusieurs médias ont montré beaucoup d’intérêt pour ce dossier qui touche particulièrement les citoyens de Limoilou, aux prises avec du transbordement portuaire en grande quantité de nickel en zone urbaine et des enjeux de qualité de l’air bien documentés. La présence de l’Ordre au cœur de ce débat public à conduit à la publication de nombreux articles journalistiques qui furent autant d’occasions de mettre en lumière le rôle joué par les chimistes et les biochimistes dans les enjeux politico-économiques qui animent la société.

Au regard de la mise à jour de notre loi constitutive, nous poursuivons infatigablement nos démarches auprès du cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur et responsable de l’application des lois professionnelles, Mme Danielle McCann, ainsi que vis-à-vis de l’Office des professions du Québec. En ce qui concerne le cabinet de la ministre, nous planchons sur la nécessité de procéder à la priorisation politique de ce dossier qui traine en longueur depuis que le processus de modernisation de la Loi qui s’est interrompu abruptement le 5 mars 2014 lorsque le projet de loi n° 49 – Loi modifiant diverses lois professionnelles et d’autres dispositions législatives dans le domaine des sciences appliquées est mort au feuilleton. Sans aucune cachette, il s’agit en somme de la dernière chance de procéder à la modernisation de la Loi avant la tenue des élections de l’automne prochain.

Néanmoins, nous demeurons évidemment aux aguets et continuerons de travailler sans relâche auprès de tous les acteurs, que ce soit le gouvernement du Québec, les partis d’opposition, les municipalités, les ordres et associations impliqués et autres organisations professionnelles pertinentes. Le fruit est plus que mûr pour la modernisation de la Loi, et le gouvernement du Québec ne veut pas porter l’odieux d’une catastrophe chimique évitable – liée à la désuétude de la Loi – entretenue par sa propre incurie.

En terminant, je voudrais vous exprimer ma totale gratitude vis-à-vis du travail essentiel que vous accomplissez jour après jour, et vous dire que nous continuerons inlassablement à vaquer à vos côtés à la protection du public et de l’environnement. Je vous souhaite également de profiter des petits bonheurs que procure l’arrivée du printemps.

Au plaisir de vous revoir bientôt,
 
Michel Alsayegh, chimiste
Président de l’Ordre